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Louis-Jules Gruey Louis Jules Gruey (1837-1902) , astronome et mathématicien français, a fondé et dirigé l’Observatoire de Besançon, construit entre 1883 et 1885 sur la colline de la Bouloie, avec l’ambition d’en faire un centre scientifique moderne consacré à l’astronomie, à la météorologie et à la mesure du temps.
Son action a été déterminante pour l’industrie horlogère locale, grâce au développement des contrôles de précision des montres et à la création du poinçon de l’Observatoire de Besançon en 1897, gage d’excellence chronométrique. Inventeur et chercheur, il publie également plusieurs travaux scientifiques et conçoit des instruments originaux. À sa mort en 1902, il lègue ses biens à l’Observatoire, laissant un héritage durable qui contribue encore aujourd’hui au rayonnement scientifique et horloger de Besançon.
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Auguste Lebeuf Auguste Victor Lebeuf (1859–1929) consacre l'essentiel de sa carrière à l'Observatoire de Besançon, qu'il dirige pendant plus d'un quart de siècle. Nommé directeur le 1er février 1903 en succession de Louis-Jules Gruey, il occupe simultanément la chaire d'astronomie à la Faculté des Sciences de Besançon jusqu'à sa mort en juillet 1929. Dès sa prise de fonction, il s'attache à développer et moderniser l'établissement, notamment en faisant aménager le parc de l'observatoire et en dotant l'institution de nouveaux équipements scientifiques. Il place l'observatoire dans le réseau des grandes campagnes astronomiques internationales, comme en témoigne la mission qu'il dirige en 1905 à Cistierna, en Espagne, pour l'observation de l'éclipse totale de Soleil.
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L'Observatoire au fil du temps Conçu par l'architecte Étienne-Bernard Saint-Ginest en collaboration avec le premier directeur Louis-Jules Gruey, le site de l'Observatoire est construit entre 1883 et 1885 sur un terrain de 7,5 hectares à la Bouloie. Dès l'origine, il s'organise selon un plan rigoureusement orienté nord-sud et est-ouest, avec une séparation stricte des fonctions entre pavillons isolés : au nord les instruments scientifiques — méridienne, équatorial coudé, bibliothèque —, au sud les logements du directeur et du concierge. Le site s'enrichit progressivement au fil des décennies, avec l'aménagement du parc boisé à partir de 1904 sous la direction d'Auguste Lebeuf, l'intégration de la sismographie en 1909, puis la construction de nouveaux équipements dans les années 1930–1940 comme le bâtiment de l'astrographe et les pavillons des horloges à diapason et des tables vibrantes.
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Chronométrie La chronométrie est la mission fondatrice de l'Observatoire de Besançon, créé en 1878 pour répondre aux besoins d'une industrie horlogère locale confrontée à la concurrence suisse. Dès 1885, il devient le seul organisme français habilité à certifier les montres et à décerner le titre de « chronomètre », en soumettant chaque pièce à des tests rigoureux de précision selon différentes positions et températures. Un concours chronométrique annuel est organisé dès 1889, contribuant à élever le niveau de l'horlogerie bisontine au rang des grandes maisons suisses.
L'observatoire délivre par ailleurs le prestigieux poinçon Vipère, faisant de lui l'un des trois seuls organismes au monde autorisés à certifier les chronomètres mécaniques.
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Cistierna 1905 En août 1905, le Bureau des longitudes organise une mission scientifique à Cistierna, en Espagne, réunissant des membres de l'Observatoire de Paris et de l'Observatoire de Besançon en vue d'observer l'éclipse totale de Soleil du 30 août. Placée sous la direction d'Auguste Lebeuf et accompagnée de Paul Chofardet, l'expédition déploie sur place des instruments destinés à l'étude de la couronne solaire, à la prise de clichés photographiques et à la mesure des variations du champ magnétique terrestre au cours du phénomène. Malgré des conditions météorologiques peu favorables, la mission parvient à rassembler quelques données exploitables aboutissant à la rédaction d'un rapport scientifique, témoignant de l'implication active de l'Observatoire de Besançon dans les grandes campagnes astronomiques internationales qui marquèrent le début du XXᵉ siècle.
Cette collection illustre leur périple en Espagne, leur séjour à Cistierna ainsi que leur voyage retour vers Besançon, l'occasion pour eux de découvrir l'Espagne et la France au fil du trajet.
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Famille Chofardet Paul Chofardet est un astronome de l'Observatoire de Besançon dont l'activité couvre plusieurs décennies. Membre de la Société astronomique de France, il se distingue en 1898 par la co-découverte de la comète Perrine-Chofardet, participe en 1905 à la mission de Cistierna aux côtés d'Auguste Lebeuf, et contribue aux travaux chronométriques de l'établissement en concevant une étuve-glacière pouvant accueillir jusqu'à 200 chronomètres.
Tout au long de sa vie, il pratique également la photographie avec assiduité, constituant un fonds de clichés — vues du site, scènes scientifiques et portraits familiaux — qu'il lègue à l'observatoire, formant aujourd'hui un témoignage précieux sur la vie de l'institution au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles.
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Famille Goudey Raoul Goudey, un agent de l'observatoire qui réalise dans les années 1930 une série de mesures gravimétriques dans toute la France et en Suisse, collabora au programme du Comité National de Géodésie et de Géophysique. Comme pour la famille Chofardet, les clichés de cette collection témoignent de la vie familiale et quotidienne sur le domaine, constituant un témoignage humain unique.
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Aéronautique Le tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles est une époque de grande effervescence aéronautique, avec l'essor des ballons captifs, des dirigeables et des premiers aéroplanes. Pour Paul Chofardet, curieux de tout et passionné de photographie, immortaliser ces engins volants s'inscrit naturellement dans sa démarche documentaire. Les liens entre aéronautique et météorologie étaient par ailleurs étroits à cette époque, les ballons servant à des relevés atmosphériques intéressaient directement le personnel de l'observatoire.
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Employés de l'Observatoire Cette collection rassemble des portraits et des scènes de travail mettant en scène le personnel qui a animé l'institution au fil des décennies. Ces clichés offrent un visage humain à l'histoire de l'observatoire, en immortalisant aussi bien les astronomes et les aides-astronomes que les assistants, les chronométriers et le personnel d'entretien. Témoins d'une époque où la vie professionnelle et la vie domestique se confondaient sur le site de la Bouloie, ces photographies rappellent que derrière chaque mesure, chaque bulletin de marche et chaque observation nocturne, il y avait des hommes et des femmes qui consacraient leur quotidien à cette institution.
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Ciel et objets célestes Cette collection révèle l'étendue du travail photographique de Chofardet consacré au ciel.
Les sujets sont d'une grande variété : nombreuses photographies de la Lune dans ses différentes phases, séries de formations nuageuses liées aux travaux météorologiques, observation d'un bolide en 1911 et clichés de l'éclipse solaire du 17 avril 1912, dans la continuité de la mission de Cistierna de 1905.
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La vie quotidienne La vie quotidienne à l'Observatoire est celle d'une petite communauté vivant au rythme des saisons sur un vaste domaine de 7,5 hectares. Le travail scientifique impose une discipline stricte : observations nocturnes à la lunette méridienne pour déterminer l'heure exacte, mesures chronométriques et relevés météorologiques le jour, bulletins diffusés quotidiennement à la presse et aux autorités. L'hiver, il faut approvisionner les grandes glacières indispensables aux tests de certification des montres ; l'été, les prairies du domaine sont fauchées pour le foin et les allées entretenues par le concierge.
Le site abrite aussi une vraie vie domestique. Le directeur réside dans sa maison de fonction et le concierge dans sa loge. La conciergerie conserve son jardin potager, et près de la maison du directeur subsistent les vestiges d'un verger. Ce cadre intimiste, mêlant coupoles astronomiques, prairies et arbres franc-comtois, donne à l'institution une atmosphère singulière, à mi-chemin entre le laboratoire scientifique et la vie rurale d'un domaine de campagne.
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Divers Cette collection regroupe des clichés qui échappent aux autres catégories thématiques, témoignant de la curiosité et de l'ouverture d'esprit de Paul Chofardet sur le monde qui l'entoure. On y trouve notamment une photographie de la Tour Eiffel en 1917, illustrant l'intérêt du photographe pour les grandes réalisations techniques et architecturales de son époque. Cette collection constitue ainsi une fenêtre sur le contexte historique et culturel dans lequel vivait le personnel de l'observatoire, au-delà du strict cadre scientifique du site de la Bouloie.